CHRONIQUE DE LA DOULEUR : UN BALADO

Mon nom est Anne St-Denis, ex-chorégraphe, danseuse et professeure de stretching-danse. Depuis près de 7 ans, je suis aux prises avec la douleur chronique. Avec l’aide de mon amoureux, j’anime ce balado. Je parle de douleur chronique, mais pas seulement. Je parle de ce qui m'arrive, me passionne et me révolte. Je parle de l’expérience que j’ai acquise au quotidien dans la compréhension et la gestion de la douleur. Je parle aussi de ce que la douleur m’a apportée intérieurement et même… spirituellement. Les chemins de la réadaptation (je n'ose dire guérison) sont multiples et très surprenants. Ce balado thérapeutique a été ma planche de salut. En parlant, j’arrive à faire de mes douleurs quelque chose de constructif et de créatif. Ce faisant, j'espère encourager ceux qui souffrent de la même maladie à parler et à créer quelque chose, eux aussi. Comme l’écrivait l’un de mes auditeurs : Merci... ça fait du bien de constater qu’on n’est pas seul. La douleur chronique est une maladie qui se vit dans le silence et l’isolement. Créer pour briser le silence et l’isolement est l’une des voies menant... à la guérison. Bienvenue et bonne écoute!

Torture au féminin

Au départ, je n’avais pas l’intention d’écrire sur le sujet, vraiment pas. Peur de déranger, de donner la frousse aux femmes, de choquer aussi. Mais voilà, on m’y encourage afin de dénoncer un type d’examen fait aux femmes d’une façon tout à fait ignoble, examen que j’ai été contrainte de subir récemment.

Il y a deux semaines de ça, j’ai subi une biopsie de l’endomètre pour la deuxième fois en douze ans. L’endomètre est la muqueuse qui tapisse l’intérieure de l’utérus. Pour ceux et celles qui ne connaissent pas l’examen en question, je vous explique brièvement.

Pour commencer, ils doivent insérer un spéculum. Ensuite, si le col de l’utérus n’est pas dans l’axe, il est nécessaire de tirer sur le col avec une pince spécialement conçue à cet effet. Il ne faut pas oublier aussi que plus nous avançons en âge, plus le col est refermé, donc coefficient de difficulté supplémentaire, comme dans mon cas pour cette deuxième biopsie puisque je suis rendu à 57 ans. Une fois tout mis en place, ils vont chercher un ou plusieurs morceaux de la paroi interne de l’utérus, l’endomètre, avec une curette. Parfois, un grattage est nécessaire, comme dans mon cas.

Le but de l’examen est de s’assurer qu’il n’y a pas de cellule cancéreuse. Cette biopsie est tout à fait dans l’ordre des choses pour les femmes qui ont un épaississement anormal de l’endomètre (hyperplasie). Là où ça ne va plus, ce sont les conditions dans lesquelles cette biopsie est pratiquée. Aucune anesthésie, aucun sédatif. Les patientes qui étaient passées avant moi ressortaient de la salle d’examen blanches comme des linges, et marchaient avec difficulté. Parmi elles, une dame qui devait avoir dans les 70 ans.

On ce serrait cru au Moyen Âge; de la pure barbarie! La façon de faire cet acte médical est inhumain, inacceptable et attardé. À quoi rime toute cette souffrance infligée aux femmes?

Je suis tout à fait en accord avec la nécessité de faire cette biopsie; là n’est pas la question. Mais serait-il possible de prévoir un protocole d’examen différent lorsque les femmes sont en ménopause ou post-ménopause, sachant que le col de l’utérus est fermé ou presque. Il y a aussi l’âge. Plus ont avance en âge, plus la position pour l’examen est inconfortable, voire même douloureuse, surtout lorsqu’on souffre de douleurs au bas du dos comme moi et bien d’autres femmes. La vieille dame que j’ai vue cette journée-là, je n’ose imaginer à quel point l’examen a dû être pénible pour elle.

La première fois que j’ai subi une biopsie, je devais avoir 45 ans. La douleur était fulgurante, mais rapide. Mon gynécologue avait fait trois prélèvements et à chaque prélèvement, il s’excusait de me faire mal. Après l’examen, j’étais allé faire mon épicerie avec un bon mal de ventre, mais j’étais fonctionnelle. Cette fois-ci, je vous dirais qu’au moment d’écrire ce billet, deux semaines plus tard, je n’ai plus de douleurs, mais je suis encore ébranlée.

Je peux affirmer que c’est la dernière fois que je subis cette biopsie. Non pas que je n’en aurai plus besoin, je ne le sais pas. Mais parce qu’aussi longtemps qu’elle se fera sans anesthésie, je refuserai catégoriquement. Oui, les spécialistes manquent de temps et de ressources, mais ce n’est pas une raison pour nous bousculer et nous faire souffrir.

Je dois aussi avouer qu’en sortant de la salle d’examen, la première chose que j’ai faite, c’est aller à la salle de bain pour me recoiffer. La débarbouillette froide que l’infirmière m’avait mise sur le front et dans le cou m’avait un peu amochée. Je voulais aussi atténuer les traces laissées sur mon visage par mes larmes. Il n’était pas question de traverser la salle d’attente bondée de monde avec le visage ravagé et le corps plié en deux. Comme on dit, « je me suis ramassée ».

Le dos droit, un petit sourire, je suis passé devant les femmes qui attendaient leur tour. En arrivant dans la voiture, je me suis effondrée en larmes, incapable de m’assoir sur les deux fesses pendant le trajet du retour… et les deux jours qui ont suivis.

Nous les femmes sommes des forces de la nature. Avec notre corps, nous peuplons la planète. Ne méritons-nous pas le respect et un minimum de dignité?


C’est une très grande joie pour moi d’accueillir sur mon blogue, à titre de blogueuse invitée, ma grande amie Man♥n.
Anne

20 commentairesVotre opinion ?


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    Francine

    Chère vous,
    Je me suis reconnue dans votre magnifique texte rempli de courage. C’est très touchant.
    La même chose m’est arrivée et je n’ai jamais osé en parler à personne.
    Merci de briser le silence.

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    Manon

    Bonjour Francine,
    Votre commentaire m’a fait chaud au coeur et me conforte dans l’opinion que j’ai à l’effet que les choses doivent changer.
    Merci Francine, il suffit parfois d’un premier pas…

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    Carole

    Bravo ma belle amie de d’énoncée cette situation pour toute les femmes je te dit MERCi!

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    Hugon

    Bonjour. J ai eu cette am lundi en fin de matinée. Sa été horrible la douleur.. et depuis j ai un mal de ventre terrible . Rien ne me soulage. Je sais plus quoi faire . Merci de votre aide

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    Manon

    Bonjour chère dame, je vous dirais qu’un certain degré de douleur est tout a fait normal mais vous semblez souffrir énormément alors n’hésitez pas à rappeler votre gynéco ou votre pharmacien pour vous faire aider et vous faire rassurer…bonne chance à vous

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    Mimi

    Dieu contente de vous lire ! Subi une biopsie de l’endometre avant hier…Je ne m’attendais vraiment pas à ça. C’est marquant! Douleur terrible. Mal utérin depuis qui ne part pas.

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    Magali

    Bonjour,
    Merci de votre témoignage.
    La première chose que j’ai faite en rentrant il y a 4 jours de ma biopsie d’endomètre a été de chercher sur internet des témoignages de femmes pour savoir si d’autres avaient vécu ce que je venais de vivre.
    J’appréhendais un peu car déjà juste le speculum est déjà pour moi une chose face à laquelle j’ai du mal à me détendre, mais je ne m’attendais pas du tout à ce que j’ai vécu ; j’ai gémi puis crié de douleur à plusieurs reprises ; à la fin de l’examen, je me suis mise à pleurer. Le gynécologue a été ensuite très gentil, il m’a fait rester allongée pendant bien 20 minutes, puis il m’a aidée à me relever, il a pris mon poul à plusieurs reprises, il m’a apporté mes vêtements jusqu’à la table où j’étais encore assise tremblante , s’est inquiété de savoir si j’avais un protège-slip car je saignais un peu, m’a apporté mon sac à main, m’a refait allonger après que je me sois rhabillée car je tremblais et avais la tête qui tourne et s’est excusé de m’avoir fait si mal.
    J’en suis cependant ressortie comme en état de choc, et 4 jours après j’ai encore besoin d’en parler même si le mal au ventre a fini par se calmer. Cela fait du bien de parler à quelqu’un qui comprend de quoi je parle. Merci de votre témoignage !

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      Manon

      Bonjour Magali,

      Je peux vous dire qu’à chaque témoignage que je reçois, je suis attristé et en colère aussi de voir que cet examen ce passe de la même manière partout. Aucune évolution, c’est affligeant. Continuons dans parler et j’ose croire qu’un jour les choses vont changer.
      Bonne chance pour la suite des choses Magali.

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      Joulia

      Bonjour ,merci pour vos témoignages touchants
      J ai subi les mêmes douleurs ya 4 jour j ai encore des saignement je ne sais pas si l examen ou les règles c est la souffrance.

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    Fafa

    Fafa,
    Merci pour votre témoignage qui me réconforte de savoir que je ne suis pas la seule à avoir eu mal pendant cette biopsie. J’ai subi une biopsie ce matin et je ne m’attendais pas à souffrir autant, mais la gynécologue m’a dit que j’étais trop sensible. Cette am douleurs utérines.

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      Manon

      Bonjour Fafa,

      je suis de tout coeur avec vous et non vous n’êtes pas seule à avoir vécu ce cauchemar. Gardons espoir qu’un jour les choses vont changer, en attendant passons le mot à nos consoeurs de refuser cette biopsie sans anesthésie locale ou anti-douleur.

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    Sylvie S.

    Bonjour, j’ai eu cette biopsie aujourd’hui. J’avais tellement peur à cause de tout ce que j’ai lu sur internet que je ne suis pas allée à mon rendez-vous prévu il y a un mois. Avec une entente avec la gynéco, cette biopsie c’est très bien passée. J’ai fait exactement ce qu’elle m’a demandé : 2 Naproxen 275 mg 1h30 avant le rendez-vous et sur place, à l’hôpital, l’infirmière m’a donné un comprimé de morphine 5 mg à avaler et un comprimé d’ativan 1 mg à faire fondre sous la langue. J’ai attendu 1h dans la salle d’attente pour obtenir l’effet des médicaments. Une fois dans la salle d’examen, je me suis installée sur la table en position gynécologique, elle a inséré le spéculum et désinfecté le col avec une solution. Rien de douloureux ici… Ensuite, elle a fait 3 injections sur le col de mon utérus pour geler les tissus environnants. La première a été un peu désagréable mais très tolérable (même sensation que lorsqu’on gèle une dent pour un plombage chez le dentiste). Je n’ai pas senti les 2 autres ou, à peine. L’effet est instantané. J’ai tenu la main de l’infirmière et la biopsie a commencé. J’ai senti un léger pincement lorsqu’elle a installé la pince qui tient le col bien en place, rien qui n’était pas supportable. J’ai senti que la pipelle est entrée, encore une fois, les injections pour geler le col ont bien fait leur travail, aucune crampe, ni aucune douleur insupportable… puis la fameuse biopsie. J’ai senti un genre de brûlure au bas du ventre, s’était beaucoup plus désagréable qu’insupportable… Rien de comparable à ce que la majorité des femmes racontent sur internet.

    La gynéco a été très gentille, patiente et si un jour je dois refaire cet examen, je n’hésiterais pas à le refaire, avec les mêmes conditions, bien entendu.

    Je trouve dommage que les gynéco ne prennent pas 1 min pour geler le col de l’utérus de leur patientes avant les interventions et qu’ils (qu’elles) ne prennent pas la peine de prescrire les comprimés à prendre 1h avant le rendez-vous, ce qui ne retarde en rien la longue liste de patiente en attente. Ça fait toute la différence. tellement que les crampes menstruelles ressenties après l’intervention sont plus douloureuses que la biopsie comme telle et elles ne m’ont pas empêchées de faire ma journée par après. Des crampes menstruelles très normales que la plupart des femmes ont déjà ressenti pendant leur règles et parfois même, beaucoup plus intensément. Quelques saignements, sans plus… En fin de soirée, j’ai repris 1 Naproxen et tout a bien été. Des médecins qui ont à coeur de traiter leur patient avec empathie, ça existe.

    J’ai 46 ans, sans enfant, je souffre d’anxiété généralisée et j’habite à Repentigny (Québec). Une biopsie de l’endomètre qui se passe bien, c’est possible. Informez-vous!

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    manon

    Bonjour Sylvie,

    votre témoignage me fait tellement de bien ce matin! Vous avez tout compris en refusant de passer cette examen sans aucun sédatif, je vous dit bravo et merci. Merci pour les femmes qui vous prendrons en exemple parce que c’est exactement ce qu’il faut faire. Vous avez été courageuse de faire valoir votre point de vue, encore bravo Sylvie!!!

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    Francine

    Je pensais m’evanouir….douleur insupportable.

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    C(an5al

    Moi j’ai manqué une journée de travail c’est épouvantable de faire sa .cest la dernière fois .jai eu mal au ventre la douleur est tellement forte c’est pas humain.apres 1 semaines j’ai encore douleur au ventre

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    Sophia

    J’ai eu une biopsie de l’endomètre dans un tout autre contexte (grossesse extra-utérine). J’avais 34 ans et ce fut une douleur atroce. Je me suis présentée pour un examen du suivi dans le processus « d’évacuation » de l’embryon qui n’allait pas se développé et on m’a proposé la biopsie sur place en me disant que ce n’était pas agréable, que j’aurais une petite crampe. Alors sans préparation mentale ou médicale j’ai passé sur la table à torture. Le pire souvenir médical de ma vie jusqu’à maintenant. Je tapais sur la table et pleurait… j’ai senti de l’empathie de l’étudiant qui accompagnait la résidente mais sinon je me suis sentie un peu seule. Je suis sortie la tête haute et j’ai ensuite pleuré de longue minutes dans ma voiture. J’ai encore les larmes aux yeux quand j’y pense. Pour avoir fait d’autres examens par la suite je constate que j’ai un col sensible, mais règle général je n’ai pas de traitement de faveur et je dois subir la douleur.

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    Brigitte

    Bonjour , pour ma part je viens de faire la biopsie de l’endomètre aujourd’hui et j’avais peur car le gynéco m’a confirmé qu’il ne gelait pas donc j’anticipais la douleur à lire les commentaires et d’écouter les témoignages de celles qui l’ont vécues . J’ai 43 ans , ça fait 20 ans que j’ai accouché , j’avais peur que le passage du col soit douloureux et je peux vous confirmer que je n’ai rien senti , il a traversé mon col avec le grand tube et j’ai senti un léger grattage interne , c’est tout. Il a pris 3 morceaux et ça n’a duré que 15 secondes. J’avais pris des Tylenol combiné avec Advil une heure avant. Cela doit dépendre de chaque femme j’imagine …. Finalement il y a eu plus de peur que de mal ! 😅

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    Friou

    Oui ça fait mal comme une menstruation douloureuse et oui je penses vraiment que cela devrait être fait sous anasthésie locale.

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    Viviane

    Je dois vous dire que je suis en larme de voir qu’en 2020 je viens de subir le même test avec la même douleur effroyable que ce que vous avez décrite et moi aussi sans à une sédation ou préparation. Quelle boucherie 😢

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    teuf

    je dois malheureusement moi aussi faire des biopsies de l’endometre, l’année dernière j’avais des cellules pré-cancereuse, l’examen s’est très mal passé, douleur malaise et aucune compassion de la part de la gynécologue et ce mois-ci nouvelle torture pour mon corps et mon esprit. Je suis démunie face à ces souffrances que personne ne cherche à atténuer

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