CHRONIQUE DE LA DOULEUR : UN BALADO

Mon nom est Anne St-Denis, ex-chorégraphe, danseuse et professeure de stretching-danse. Depuis près de 7 ans, je suis aux prises avec la douleur chronique. Avec l’aide de mon amoureux, j’anime ce balado. Je parle de douleur chronique, mais pas seulement. Je parle de ce qui m'arrive, me passionne et me révolte. Je parle de l’expérience que j’ai acquise au quotidien dans la compréhension et la gestion de la douleur. Je parle aussi de ce que la douleur m’a apportée intérieurement et même… spirituellement. Les chemins de la réadaptation (je n'ose dire guérison) sont multiples et très surprenants. Ce balado thérapeutique a été ma planche de salut. En parlant, j’arrive à faire de mes douleurs quelque chose de constructif et de créatif. Ce faisant, j'espère encourager ceux qui souffrent de la même maladie à parler et à créer quelque chose, eux aussi. Comme l’écrivait l’un de mes auditeurs : Merci... ça fait du bien de constater qu’on n’est pas seul. La douleur chronique est une maladie qui se vit dans le silence et l’isolement. Créer pour briser le silence et l’isolement est l’une des voies menant... à la guérison. Bienvenue et bonne écoute!

4-3-19

Maudite incertitude

L’incertitude qu’un jour j’aurais moins de douleurs, l’incertitude d’un éventuel retour au travail. Après quinze semaines de chômage maladies j’ai pris la difficile décision de ne pas retourner au travail, pour l’instant je ne suis pas prête, mais comme je ne voulais pas laisser mes employeurs eux-mêmes dans l’incertitude j’ai démissionnée. Cet état d’inquiétude s’étend plus large que ma petite personne. Mon conjoint s’inquiète de ma santé, mes enfants, mes amies et mon compte de banque aussi.

Je vie de l’incertitude face à une situation financière nouvelle. Pas une journée ne passe sans que la petite flamme de l’anxiété ce fasse sentir au creux de mon ventre en songeant à ce que l’avenir me réserve face à mes besoins financiers. Il y a aussi ce sentiment d’être sortie du mouvement de la vie. Le travail c’est un phare, une bouée. Un temps pour s’accomplir, pour participer à quelque chose de plus grand que soi, nous nous réalisons donc du coup notre
valorisation personnelle est nourrie, mais là…

L’adversité, tel un vent furieux, nous empêche d’aller ou nous voulons, nous dépouille et nous laisse face à nous-mêmes tel que nous sommes, et non tels que nous pensions être.
Arthur Golden

Cet état de fait m’a amenée plus loin dans ma réflexion, une situation financière précaire n’est pas réservée qu’aux personnes aillant des problèmes de santé. Les travailleuses autonomes et les jeunes mères y sont confrontées aussi. Les travailleuses autonomes sont à la merci du succès ou non de leur entreprise. Les jeunes mamans dont le salaire du conjoint est le principal revenu de la maisonnée sont grandement à risque aussi. Si le couple ce sépare la jeune femme ce retrouve peut être avec une pension alimentaire, mais ce n’est pas suffisant pour continuer à prendre soin des petits et ce payer un toit sur la tête.

Ce n’est pas générationnel cette situation, des plus jeunes aux plus âgées les femmes ont toujours été sur la corde raide. La seule chose peut être qui est différente du temps de nos aïeules c’est que les femmes maintenant peuvent choisir de rester à la maison ou pas. Si elles décident d’y rester, elles ont souvent un travail d’appoint pour aider au manque à gagner. Le piège dans ça, c’est que ce salaire sert souvent au « consommer jeter » c’est-à-dire à payer les comptes courants, la nourriture, les cadeaux des enfants et s’il en reste, un petit plaisir pour elle-même, aucun investissement pour protéger leur avenir.

Ce n’est pas inné chez les femmes de se protéger financièrement. Personne ne nous enseigne ça à l’école. Pourquoi? Parce que l’homme lui a été éduqué depuis longtemps à être le pourvoyeur de la famille alors chacun ça place et nous en voyons le résultat aujourd’hui. Les femmes ce sentent de mauvaises mères si elles vont travailler et si elles décident de rester à la maison pour élever leurs enfants elles doivent dépendre de leurs conjoints… belle galère!

Je sais de quoi je parle parce que j’ai été une jeune mère à la maison avec un salaire d’appoint, j’ai été travailleuse autonome pendant vingt ans et aujourd’hui je suis en arrêt de travail dû à mes douleurs chroniques. La sainte trilogie… L’autonomie financière c’est la liberté de pouvoir aller de l’avant même si la vie nous fait une jambette.

Alors voilà, comme le dit si bien la maxime du guerrier zen et armée : s’attendre à rien, s’attendre à tout. Nous n’avons aucune certitude que notre couple durera, nous n’avons aucune certitude que notre entreprise sera toujours florissante, et nous n’avons aucune certitude de vieillir en santé. À partir de ce fait, soyons prévoyantes et tricotons-nous un bas de laine. Un bon conseillé financier pourrait vous aider pour des placements et après, oubliez-les. Oubliez-les pour vivre et célébrer votre vie avec votre petite famille, votre succès en affaires et surtout votre bonne santé. Je vous souhaite de tout cœur de vous rendre à votre retraite heureuse, prospère et en pleine forme, de cette façon vous pourrez profiter de votre pécule pour peut-être, faire le tour de l’Europe, vous acheter un chalet dans les Laurentides ou une décapotable. En fait tout ce qui vous plaira…

A woman is like a teabag, you never know how strong she is until she gets into hot water.
Eleanor Roosevelt


C’est une très grande joie pour moi d’accueillir sur mon blogue, à titre de blogueuse invitée, ma grande amie Man♥n.
Anne

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