CHRONIQUE DE LA DOULEUR : UN BALADO

Mon nom est Anne St-Denis, ex-chorégraphe, danseuse et professeure de stretching-danse. Depuis près de 7 ans, je suis aux prises avec la douleur chronique. Avec l’aide de mon amoureux, j’anime ce balado. Je parle de douleur chronique, mais pas seulement. Je parle de ce qui m'arrive, me passionne et me révolte. Je parle de l’expérience que j’ai acquise au quotidien dans la compréhension et la gestion de la douleur. Je parle aussi de ce que la douleur m’a apportée intérieurement et même… spirituellement. Les chemins de la réadaptation (je n'ose dire guérison) sont multiples et très surprenants. Ce balado thérapeutique a été ma planche de salut. En parlant, j’arrive à faire de mes douleurs quelque chose de constructif et de créatif. Ce faisant, j'espère encourager ceux qui souffrent de la même maladie à parler et à créer quelque chose, eux aussi. Comme l’écrivait l’un de mes auditeurs : Merci... ça fait du bien de constater qu’on n’est pas seul. La douleur chronique est une maladie qui se vit dans le silence et l’isolement. Créer pour briser le silence et l’isolement est l’une des voies menant... à la guérison. Bienvenue et bonne écoute!

Ça va dépendre…

À cause de mes douleurs chroniques, j’ai dû me faire une liste de petites phrases échappatoires. En voici quelques une : si tu veux bien ont va laisser la semaine avancer et ont s’en reparle, ce n’est pas contre toi, mais c’est possible que je doive annuler, écoute ont verra ça plus tard si tu veux bien, et bien sûr la suivante, ça va dépendre comment je vais aller.. Je suis toujours sur le ça dépend.

Ce qui me met très en colère avec les douleurs chroniques c’est d’avoir perdu la possibilité de la spontanéité. C’est pratiquement impossible de faire quoi que ce soit sur l’instinct du moment, il faut planifier d’avance. Aurais-je assez d’énergie, suis-je trop en douleur, combien de temps serons-nous partis, ou allons-nous, aurais-je du confort ou la possibilité de me reposer si besoin? C’est paradoxal parce que trop d’avance, je ne sais pas comment je vais être, et à la dernière minute les chances sont que je ne sois pas d’aplomb. On ne s’en sort pas.

J’ai la terrible sensation d’avoir des boulets aux chevilles et des menottes aux poings. Tout plaisir potentiel doit être planifié, mesuré et surtout, être prête à accepter les conséquences si par malheur les douleurs sont plus aiguës suite à mon petit bonheur tant mérité, quel qu’il soit.

Tout récemment quelqu’un que j’aime bien pourtant m’a dit : bon comme ça vous ne viendrez pas encore dans le sud avec nous autres cet hiver. Ce genre de réflexion là c’est comme un coup de poing dans le ventre. J’en ai tellement mare d’être la rabat-joie de service, d’avoir à porter l’odieux rôle de la casseuse de party et je vous le dis ça arrive très souvent. Je suis tellement fatiguée de ça. Je sais que je dois travailler sur ma façon de prendre les phrases assassines des gens qui manque de tacs, c’est un apprentissage obligatoire lorsqu’on souffre de douleurs chroniques, mais bordel c’est déjà assez difficile comme ça il me semble!

Heureusement j’ai des amies en or, un conjoint patient et des enfants adorables qui viennent équilibrer cette dure réalité. Je suis en arrêt de travail depuis le 3 juillet et mes patrons me donnent tout le temps dont j’aurais besoin. C’est une vraie punition pour moi de ne pas être en mesure de travailler, car j’adore mon emploi. Mais bon j’espère être en mesure de retourner bientôt lorsque je serais stabilisée avec ma nouvelle médication.

Ne vous gênez pas de me faire connaître vos trucs pour mieux vivre avec ce genre de situation. Ce serait un réel plaisir!

On transforme sa main en la mettant dans une autre.
Paul Éluard


C’est une très grande joie pour moi d’accueillir sur mon blogue, à titre de blogueuse invitée, ma grande amie Man♥n.
Anne

CommenterMerci de rester courtois

Votre commentaire